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il y a 1 an 9 mois - il y a 1 an 9 mois #9796 par Dzin
Dzin a créé le sujet : La Chronique sans nom
La Chronique sans nom
Histoire d'un détour retour
_ par Aramel , fils d'Ambre_






Rencontres de plusieurs types
La silhouette me toisait au travers du miroir : des yeux sombres, pâle reflet des miens, encadrés de cheveux orangés, dérangés, me dévisageaient longuement, étrécis peu à peu par un léger froncement de sourcil. Autour de nous, de moelleux lits à baldaquin séparés par des paravents, de riches tapis aux motifs apaisants; et une porte derrière lui, derrière moi. Le coup d'œil s'attarda dans l'alcôve la plus éloignée, aménagée en petit salon confortable : une porte menait à une salle d'eau pareille à un petit palais de porcelaine, une prison d'albâtre.
Je fermais un instant les yeux, pris une profonde inspiration.
...
Seul face au miroir, au milieu de la chambre, je passai machinalement ma main dans mes cheveux. Celui qui se présenta sous le nom du célèbre Dworkin m'avait amené ici il y a deux nuits. "Ici".. Un domaine créé de toutes pièces, façonné à sa demande, peuplé de créations humanoïdes muettes, au service de ses invités. Mes différents repères me confirmaient que ces deux nuits devaient correspondre à près d'une demi-journée, d'où je viens; mais ces repères étaient malmenés dans cet endroit juché au milieu de nulle part, où les pouvoirs fonctionnaient avec difficulté. Je sortis de la pièce.

Ce dortoir donnait sur une immense salle de réception ; longeant le mur à ma droite, je fis quelques mètres sous un des gigantesques vitraux; celui-ci dépeignait un homme habillé en gris, menant un petit groupe de personnes au travers d’un dédale de colonnes titanesques, fuyant une horde de petites créatures. Je l’observais un moment, m'arrêtant, le cou encore enraidi par une nuit difficile ; un serviteur commença à me masser le haut des épaules et la nuque. Tout inspirait la grandeur, l’immensité dans cette pièce rectangulaire : au fond de la salle, derrière une large, très large baie vitrée, sous un ciel étoilé zébré d’aurores boréales, une terrasse baignée dans l’ombre ; à droite, une porte me mena à la bibliothèque qui descendait sur 7 étages. Des milliers, dizaines de milliers d’ouvrages (près de 47000) s’alignaient dans un désordre probablement imaginé par son seul créateur ; des fauteuils attendaient le séant des lecteurs, l’un d’eux en particulier en portait encore mon empreinte. Je m’y assis, un livre relié d’un revêtement brun et or dans les mains. Je lisais avec curiosité un récit de mes propres aventures dans un monde rude, aux jeux politiques complexes, raconté par un membre éminent d’une secte d’adorateurs.

« On ne peut menacer un individu et se soustraire aux conséquences », commençait-il.

Des bruits inhabituels vinrent interrompre ce moment de tranquillité : Dworkin amenait probablement un autre « invité ». Je l'entendis donner des consignes rapides, semblables à celles que je reçus, et le silence: notre hôte était reparti. Quelques minutes plus tard, un nouveau camarade de chambre entrait dans la bibliothèque.

"Moien!", dit-il en levant la main, avec un accent chantant et trainant, mais tout à fait charmant. Je souris à l'homme en costume bleu marine et chemise blanche qui s'approchait de moi, dont le regard passait de mon livre, à moi, et à la bouteille de brandy sur la table basse. Il était un peu débraillé et portait la veste de son costume sur l'épaule. Des cheveux roux, courts et peignés sur le côté, un visage pâle entouré de rouflaquettes, des yeux verts qui semblaient de plus en plus intéressés par le liquide sirupeux devant moi. Je lui tendis la main en le saluant amicalement, et l'invitai à s'asseoir: il se jeta sur un fauteuil, passant une jambe par-dessus un accoudoir, et se servit un verre qu'un serviteur avait déposé quelques secondes auparavant.
Voilà donc Herbert Steffes, employé à la BEI. Un vague souvenir de l'ombre-Terre passa pendant qu'il se présentait, et que j'évoquais l'amabilité de notre hôte, qui nous laissait profiter de sa magnifique demeure. Je lui proposai rapidement de lui faire visiter les lieux.

"Vous connaissez déjà la bibliothèque.. Retournons à la salle de reception.": l'immense table trônait toujours au milieu, je lui présentai les lieux et continuai vers les chambres. Un serviteur aurait pu faire la visite pour moi, me dis-je avec flegme..

Des bruits derrière nous.

Un autre invité.

Nous fîmes demi-tour : devant nous, une femme portant comme seul vêtement une ceinture d'une matière fluide, argentée, et de très longs cheveux noirs qui descendaient avec pudeur le long de son corps à la peau hâlée, de ses jambes finement dessinées.. Ah oui: et recouverte de sang. Elle semblait un peu choquée par ce qui a précédé son arrivée - le fait qu'elle soit passée d'un monde à l'autre en une inspiration ne l'inquiétait pas: Herbert avait réagi de manière semblable à la téléportation, un indice quant à notre origine commune.
Elle se présenta sous différents noms; je n'en retins aucun, apparemment elle avait longuement vécu avec des indigènes qui lui donnaient des noms improbables et fantaisistes. Elle racontait comment un certain Eram était mort dans ses bras avant qu'elle soit amenée ici. Elle semblait sincèrement triste.
Touchant..
Je lui proposai d'aller se rafraichir et lui montrai la direction de la salle de bain. Je discutais distraitement avec eux sur les derniers événements, sur ces lieux, pendant qu'elle se lavait.
Appellons-la Sansnom pour la suite du récit.
Sansnom sortit de la salle de bain dans la même tenue, refusant d'autres vêtements que ceux décrits à son arrivée. Je lui proposai un tour du propriétaire, en réfléchissant à ce qui pouvait nous réunir ici..

C'est en arrivant dans la salle de réception qu'un homme brun, vêtu d'un pourpoint brodé d'or et d'argent lacéré et taché de sang fit son apparition. Son visage assez banal ne trahissait pas d'émotions; sa prestance, elle, était digne d'un prince. Quand il nous vit, il nous salua très courtoisement, et s'enquit de l'être étrange qui l'avait mené ici : mais notre hôte avait disparu aussitôt, et nous ne savions sincèrement pas où il était, ou quand il reviendrait.
Saturnin se présenta et nous demanda poliment de faire de même. Herbert s'exécuta, Sansnom provoqua un peu de gêne chez les plus cartésiens d'entre nous en expliquant qu'elle n'avait pas de nom, puis je finis par me présenter.

"Aramel.", dis-je, alors que plusieurs pseudonymes me venaient en tête, je ne voyais pas l'intérêt d'utiliser un autre nom que celui-là. Saturnin me jaugea rapidement du regard, ma chemise blanche à jabots, mon pantalon en étoffe brune, à poches larges, ma touffe de cheveux orange vif me donnait sans doute un air négligé, ou au mieux décontracté, qu'il ne releva pas: Sansnom annihilait toute idée de code vestimentaire avec sa tenue.

Pensant à ce que l'arrivée de Saturnin et Sansnom avait interrompu, je proposai, résigné, à l'assemblée de faire, de finir, le tour des lieux. Une fois passées rapidement en revue la chambre, la salle de bain et la salle de réception, (Saturnin voulut tout de même en profiter pour se changer quand je lui expliquai que les serviteurs pouvaient pourvoir à tous nos désirs), je lui présentai la terrasse: une porte en verre coulissante en marquait l'entrée, mais à ses pieds, le ciel étoilé, zébré d'aurores boréales que nous apercevions de plus loin semblait d'un noir absolu: une immensité vertigineuse, constellée de galaxies séparées par le vide omniprésent. Lui demandant de retenir sa respiration, je m'engageais sur la terrasse en ressentant un picotement qui parcourait mon corps: la température chuta brutalement en-dessous de zéro, l'air se fit infiniment rare, un sentiment d'insécurité difficilement répressible m'envahit alors que j'avançais, "tranquillement", au milieu de la terrasse. Mon horloge interne lança un décompte: j'avais une dizaine de minutes avant de subir de sérieux dégâts du manque d'air et du froid abyssal.
Je regardais autour de nous, et m'avançais au bord de la terrasse pour visualiser l'étendue de la demeure de Dworkin: un palais de quelques dizaines de mètres de large et de haut, flottant dans l'espace. Me penchant un peu plus, je ne vis pas de créatures (éléphants, tortues, poulpe géant..?) sous la demeure, propulsant l'ensemble. Saturnin partagea ma curiosité, sans un mot, et retourna à l'intérieur; je le suivis peu après et le dirigea vers la bibliothèque pour la suite de la visite.
Encore interrompue.
Cette fois-ci, notre hôte (l'identité de cette personne est sujette à débats: qui le connait suffisamment pour attester de qui il s'agit?) arriva en compagnie d'une femme - habillée – en kimono orné d'une licorne, portant deux lames sur le côté, katana et wakizashi. Elle avait un aspect très singulier avec ses cheveux blancs aux reflets blonds et ces yeux vairons, bleu et ambre; sa sérénité retenait l'attention. N'avait-elle pas pourtant, elle aussi, été malmenée avant son arrivée ici? Asahina Kirin se présenta cérémonieusement, et nous nous présentâmes à notre tour.

Dworkin s'installa à table dès son arrivée, qui se garnissait rapidement de plats apportés par les servants. Cet homme trapu, couvert de légères cicatrices, au teint basané et cheveux bruns striés de gris, portait un pantalon vert criard et une chemise couleur moutarde, avec un pendentif licorne. Il ressemblait beaucoup à l'homme de mes souvenirs, rien ne pouvait me garantir son identité, à part en voyant de quoi il était capable. Et cela pouvait être dangereux.
Il parlait pendant qu'il se servait des assiettes pleines, nous regardant tour à tour, marmonnant qu'il ne savait pas s'il fallait nous tuer ou nous renvoyer là-bas. Il semblait savoir suffisamment de nous pour confirmer que nous étions innocents d'un crime dont il ne voulait pas parler. Nous étions silencieux à table, à part de rares questions comme "qui êtes-vous", "que se passe-t-il", "pourquoi nous avez-vous amené ici", "qui nous a attaqué", auxquelles nous n'eurent pas de réponses satisfaisant pleinement notre curiosité. Dworkin nous avait sauvé d'agresseurs venant apparemment des Cours du Chaos; il se demandait s'il fallait nous tuer car nous pourrions être dans l'autre camp, mais il semblait peu à peu convaincu que nous n'étions simplement pas au courant de ce qu'il se passait.

Ambre. Si nous voulions vivre, ce serait notre prochaine destination. Nous y trouverons des réponses, du soutien, ou la mort: cela dépendra de nous, de notre discrétion et de notre vitesse à nous y rendre. Il devait partir: nous protéger ne servirait à rien, nous devions agir.
Il voulut que nous partions dès la fin du repas, mais ceux autour de moi, venant à peine d'arriver, demandèrent à se reposer avant de partir. Il nous donna 8 heures, et disparut.

Mes compagnons de chambre allèrent se coucher, mais je choisis de passer ces prochaines heures dans la bibliothèque. Je devais m'assurer d'une chose par rapport à Dworkin.
Dernière édition: il y a 1 an 9 mois par Dzin.
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il y a 9 mois 3 semaines - il y a 9 mois 1 semaine #10868 par Dzin
Dzin a répondu au sujet : La Chronique sans nom
1ère Lame : Arrête-nous si tu peux

Les heures passèrent et tous furent réveillés, préparés avant l'arrivée de notre hôte. Il apparut à l'heure prévue. Je regrettais un instant de ne pas avoir pu prendre de repos, mais j'espérais en avoir retiré quelques bénéfices. Il nous demanda sèchement si nous étions prêts, et à peine faisions-nous mine d'acquiescer que l'air se mit à scintiller autour de nous, puis le décor changea brutalement.

Nous étions au pied d'un arbre majestueux, baigné d'une lumière dorée émanant du sol. Un immense entrelacs de courbes lumineuses, formant un réseau de lignes labyrinthiques de la taille d'un terrain de football, serpentait devant nous : une Marelle. Son nom était trompeur, mais cette langue peine à traduire ce mot ; on l’appelle « the Pattern » en anglais, ce qui le décrit bien mieux. Le parcourir met à l'épreuve la volonté, l'endurance au risque d'engloutir celui qui s'y essaierait.
Arpenter ce motif sinueux donne accès au pouvoir de marcher dans les Ombres.

Autour de nous, tout le monde sauf Sansnom semblait comprendre de quoi il s'agissait. Saturnin et moi lui expliquèrent ce que cela représentait : les mondes qu'elle connait sont des Ombres, la Marelle en est le centre, la réalité, ce qui relie toute chose. Il suggéra que celle-là pourrait être la Marelle de Corwin, un puissant prince d'Ambre qui avait créé celle-ci pendant les guerres d'Ambre, avant l'avènement du roi Random. Il y aurait bien plus à dire que cela, et nous étions d'après moi assez loin de comprendre mais Dworkin, à nos côtés, ne semblait pas pouvoir rester plus longtemps. Il nous dit de nous rendre à Ambre au plus vite, nous serons exposés au danger jusque-là. Il disparut comme il était arrivé.
Il fallait profiter de l’occasion : je proposai à Saturnin, puis aux autres, de rester une bonne heure pour se familiariser avec cet endroit. Les voyages en ombre se basent sur nos souvenirs, retrouver cet endroit aller demander de s'en imprégner un certain temps, et pourrait nous être utile à l'avenir. Ils acceptèrent ; j'espérais que ce choix n'allait pas fournir le temps nécessaire à nos poursuivants pour nous retrouver, mais Dworkin ne nous avait pas amené ici par hasard : qu’il ait choisi cet endroit plutôt que nous rapprocher d’Ambre devait signifier quelque chose hors de notre portée pour le moment.

Saturnin et Asahina dirigèrent le groupe à travers les ombres. Sansnom était émerveillée par les différentes ombres qu'ils nous firent traverser ; Herbert et moi étions silencieux, bien qu'il gardât un air insouciant, je pensais qu'il ne s'agissait que d'une façade.
Saturnin procédait à de subtils passages d'ombre en ombre, d'après lui plus difficile à détecter et donc plus sûr. Il nous fit prendre des chevaux – Sansnom proposa de se changer en cheval : elle expliqua maitriser la métamorphose ; jusqu'à aujourd'hui, seules les personnes souhaitant me nuire avaient utilisé ce type de talent. Je ne sais pas si sa candeur apparente masquait une prochaine trahison... Dworkin n'avait rien vu de tel, mais il valait mieux rester attentif. Elle prit la forme d'un imposant cheval noir, sa ceinture argentée ajustée autour du cou de la bête. Saturnin la monta.
Au bout de longues heures de voyages à passer de déserts de roche en forêts, de terre battue en tapis d'herbes aux couleurs farfelues, Asahina lui proposa de prendre la relève afin qu'il se repose : il ne le dit pas, ne le montra pas, ses épaules un peu affaissées et sa tendance à l'exaspération pour des broutilles étaient autant de signes de fatigue.
Quand elle commença à ouvrir la marche, le paysage changea peu à peu pour des contrées verdoyantes, humides. Elle choisit de suivre une rivière, et nous dirigea vers une barque qui pouvait tous nous accueillir si Sansnom reprenait forme humaine : elle choisit de prendre la forme d'une loutre. Tous étaient silencieux, oscillant entre calme et appréhension.
La route avait déjà été longue et je proposai une halte : Saturnin et Asahina soutinrent la proposition ; elle nous fit naviguer dans le cours d'eau vers un bâtiment surélevé en bois qui le longeait, surmonté d'un toit à pignons légèrement incliné. Un enclos à chevaux bordait un côté de la bâtisse : probablement un relais au vu du nombre de chevaux et de la fréquentation.
Les voyageurs portaient le kimono, ou des armures faites de lattes de bois et de cordes fines ajustées sur les membres, et parfois une arme semblable à ce que portait Asahina. Elle connaissait cette région, mais ses habitants ne nous connaissaient pas, et nous regardait avec méfiance, bien qu'ils fassent preuve visiblement de respect. Elle nous mena à l'intérieur, nous fit prendre un repas chaud, et des chambres individuelles.
Nous n'avions pas de quoi payer notre nuit ici – cette problématique me trotta un peu dans la tête et alimenta la conversation autour de la table ; je testai rapidement si notre pouvoir était efficace dans cette ombre : oui, me dis-je en reposant un couteau à la pointe cassée sur la table ; mais j'étais épuisé par l'absence de sommeil et n'aurai pas beaucoup de cartes à jouer. Saturnin arguait que nous n'avions aucun besoin de payer notre séjour, nous aurions disparu avant que cela ne pose problème à quiconque. Je ne partageais pas cette insouciance : les ombres sont innombrables, mais nos actions se répercutent dans les ombres voisines comme une onde se propage dans une mare. Ou peut-être accordais-je à tort trop d'importance à nos actes ?
Se reposer était maintenant le plus important.

Le jour n'était pas encore levé : certains d'entre nous se réveillèrent, alertés par le sentiment d'un danger imminent. Nous nous regroupâmes rapidement : une troupe de soldats, des samouraïs, s'étaient massés devant le relais. Alors que nous nous apprêtions à fuir par derrière, un soldat nous ordonna d'une voix forte de sortir et de déposer nos armes : le daymio, un seigneur local, demandait à nous voir.
Passant en revue nos options, nous décidâmes de ne pas poser problème et de voir ce qui nous attendait : le problème pouvait peut-être se résoudre pacifiquement, mais nous étions prêts au cas contraire, et nous sortîmes. Saturnin et Asahina étaient les seuls porteurs d'arme, Saturnin leur confia son épée, une belle épée ouvragée, argentée, mais Asahina refusa. Elle argumenta avec autorité auprès de leur capitaine, en parlant de déshonneur, de rang, si bien qu'il abandonna. Une escorte serrée, nombreuse nous encadrait en nous emmenant vers la demeure du daymio.

Nous traversions une forêt quand le paysage se changea subtilement autour de nous ; l'un de mes compagnons venait de nous faire changer d'ombre. Au début un peu décontenancé, à mesure que les soldats ne reconnaissaient plus le chemin, la panique se répandit parmi eux. Saturnin et Asahina tentèrent de les convaincre d'abandonner leur devoir et de nous laisser partir : ils arriveraient "sans doute" à retrouver leur chemin s'ils acceptaient ; j’en doutais. Nous avions maintenant suffisamment changé d'ombre pour qu'une voiture noire nous attende sur le bord du chemin de terre, un peu plus loin, au-delà de la forêt. Leur manœuvre était habile, mais loin de les convaincre, la troupe cria à la sorcellerie et tous tirèrent leur sabre : et alors que nous étions à l'orée du bois, en vue d'une grande et riche bâtisse du même style architectural que le relais que nous venions de quitter, cela confirma notre situation. Un cavalier venait de là, vers nous.

Seul. A une vitesse étonnante.

Quand il fut assez proche, nous pûmes distinguer un cheval noir imposant, aux yeux rougeoyants, monté par son cavalier portant une armure sombre, lourde, inhabituelle dans cette Ombre, des cheveux rouges et bleus pointaient sous son casque.
Un chaosien. Encore un.

Asahina sortit une mitraillette d’un buisson le long de la route et arrosa les soldats proches ; Saturnin et Herbert les désarmèrent pour récupérer leurs armes et les mettre en fuite. Sansnom poussa un cri strident, puissant, qui eut un effet dévastateur. Le hurlement me décontenança un instant ; une vague de chaleur me monta aux oreilles. De nombreux soldats s’évanouirent ou périrent. Certains fuirent, soumis aux fantaisies de ce conflit qui les dépassait. J’esquivais sans peine les attaques des derniers soldats paniqués et désorganisés, mon attention portée sur le cavalier qui approchait à une vitesse surnaturelle.
Je distinguais les traits sous le casque du cavalier alors qu’il arrivait à quelques dizaines de mètres de nous. Son visage se tordit en une grimace et l’instant d’après un jet de lave déferla vers nous : nous nous jetâmes en-dehors de sa trajectoire mais les soldats, tétanisés, se vaporisèrent, les pierres formant le chemin fondirent au contact de ce matériau en fusion. Lancés dans notre course, Asahina nous dirigea vers la voiture noire épargnée par l’attaque. Herbert fonça à la place du conducteur, et nous filâmes à travers les Ombres, essayant de semer le cavalier. Nous finîmes par le perdre de vue, ralentîmes et continuâmes vers Ambre avec circonspection. Portant la main à ma tempe, je fus surpris de voir du sang à moitié séché ; je l’essuyai discrètement.

Nous nous approchions : à l’horizon, le mont Kolvir se dessinait depuis la mer en une courbe majestueuse bordée d’une forêt dense de part et d’autre ; le château d’Ambre se dressait au sommet tel un joyau, mais un large bras de mer nous séparait de ses côtes. La mer, ou le rivage jusque dans la forêt : Sansnom proposa la ligne droite en prenant la mer ; nous aurions des chances d’être repérés, mais en partant de nuit, la traversée devrait être tranquille. Par les terres, un prince d’Ambre, Julian, gardait la forêt d’Arden, son terrain de chasse. : une flotte de navires naviguait au milieu des eaux. Ambre avait déployé ses forces contre une menace que nous ne voyions pas, et nous ne savions pas comment nous serions accueillis en nous montrant ; étaient-ce des amis ou des ennemis qui nous séparaient de notre but ?

Cela nous coupait la possibilité de la ligne droite… si nous voulions être discrets. Il restait le détour par les terres en traversant la forêt d’Arden. Herbert nous expliqua que Julian, un des princes d’Ambre, gardait la forêt, et que sa maitrise du terrain valait bien la flotte devant nous. Sansnom proposa d'y aller en volant, d’après elle une mouette de très grande taille pourrait tous nous amener de l’autre côté en peu de temps. Nous en discutâmes rapidement : la voie des airs semblait moins dangereuse si nous souhaitions une entrée discrète. Elle se métamorphosa rapidement en un oiseau aux ailes de grande envergure, d’un blanc sale, sur lequel nous grimpâmes à califourchon. Sansnom peina à décoller, c’est à force de coups d’ailes épuisants que nous montâmes à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de la mer, planant maintenant à bonne vitesse vers la rive opposée. Si quiconque ne pouvait nous apercevoir juché sur notre monture depuis la mer, un observateur lointain, attentif aurait pu nous repérer depuis Ambre. Je passai en revue nos options : nous pouvions être frappés par un mot de pouvoir ou un sortilège défensif, mais, à cette hauteur, allions éviter les flèches. Dans tous les cas, être repéré signifiait des complications à l’arrivée.
Ce mouvement à l’horizon les annonçait déjà : une formation trop régulière d’oiseaux approchait de nous. Les minutes passèrent et confirmèrent les doutes : sauf qu’il s’agissait d’hommes ailés, armés, et non de créatures volantes, se dirigeant vers nous. Tendus, nous continuâmes dans la même direction ; je ne savais pas comment mes compagnons comptaient réagir : certains étaient concentrés, Sansnom devait sûrement s’apprêter à esquiver une attaque, je devais me préparer. Je visualisai parmi les lieux que je connaissais un port tranquille qui par quelques aspects me faisait penser à cet endroit, une ombre assez proche d’Ambre sûrement. J’étais prêt à agir, alors que les soldats arrivaient à portée de voix.
Ils nous sommèrent de nous poser en désignant les bateaux de la flotte d’Ambre en contrebas. Tout le monde resta silencieux, prêts au combat : mais l’attaque vint du dessus. L’air devint lourd quelques secondes avant qu’un éclair nous frappe : il fut stoppé à quelques mètres de nos têtes et se diffusa autour d’un bouclier à peine visible. Quelqu'un nous protégeait ? L’un d’entre nous ? Cela ne suffirait pas. Nous ne tiendrions pas longtemps face à eux.

L'air scintilla autour de nous alors que je nous emmenai le temps d’un soupir à Kelavee, une ville portuaire d'une Ombre familière qui pourrait nous offrir un peu de répit : nous arrivâmes dans un port marchand au climat doux, peuplée de créatures mythologiques. J'eus une sensation de poids infini sur les épaules : la proximité d'Ambre ne me facilitait pas les choses, le portail m’avait épuisé. Mes compagnons de route le remarquèrent et me ménagèrent sur la suite du voyage. Nos arpenteurs des Ombres nous firent voyager, plus rapidement, moins discrètement à travers les ombres pour prendre les chemins des terres jusqu'à Ambre. Au pied du mont Kolvir, c'est la forêt d'Ambre qui s'étendait devant nous, et ses gardiens, Julian et sa harde, qu’il nous faudrait éviter. Sansnom s’était métamorphosée en cheval cette fois-ci ; je me reposai sur elle, m’attendant à de nouvelles difficultés. On racontait de Julian qu’il était le meilleur chasseur d’Ambre ; que son destrier était une créature monstrueusement rapide qui pouvait traquer sa proie sur des distances énormes ; que si ses yeux rouges intenses se fixaient sur vous, elle fondrait sur vous en un souffle ; que sa harde de loups n’en était pas moins terrible.
Quelques heures après avoir pénétré la forêt, nous sentîmes que la traque avait commencé.
J’avais à peine récupéré, cependant je pensais pouvoir rouvrir un portail si nécessaire : je me concentrai à nouveau sur une destination… vers où ? Pourquoi aller en Ambre semblait si difficile ? Comment le pouvoir avait-t-il changé en Ambre ? Quelles forces étaient à l’œuvre ? Des chaosiens nous recherchent, Ambre était-elle menacée ? divisée ? J'analyse nos possibilités mais je ne vois pas de chemin sûr pour traverser les différents passages : Ambre est sur le qui-vive, cela parait maintenant évident, et nous ne pourrons pas nous y rendre sans échapper aux patrouilles à moins d'une chance inouïe. Si nos agresseurs ont pu tous nous trouver dans nos Ombres, ils pourront nous retrouver n'importe où : la prison d'Ambre semble une alternative sûre... Par rapport aux Cours du Chaos.
Je me concentrai sur une destination – et quand Julian parut devant nous, que les possibilités tournoyaient dans ma tête en un tourbillon désorganisé, qu’il nous encercla avec sa harde, je le saluai et me rendis, en même temps que mes compagnons.
Dernière édition: il y a 9 mois 1 semaine par Dzin.
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il y a 9 mois 3 semaines - il y a 9 mois 3 semaines #10869 par Dzin
Dzin a répondu au sujet : La Chronique sans nom
2ème Lame : I.A. - Interrogatoire Ambrien

Frustration. Le Prince Julian nous fait mener dans ses quartiers, clair sur ses intentions : il a reçu des ordres, nous trouver ; il veut des réponses, et nous allons les lui donner. Tous restent évasifs sur leurs origines, se bornent à raconter les quelques instants de leur vie anonyme, avant l’arrivée des chaosiens : tous ont été attaqués par des êtres puissants, tous ont vu Dworkin intervenir en leur faveur. Le point commun à la raison de ces attaques ? Rien ne me vient.
Julian semble autant ennuyé qu’énervé et nous annonce rapidement que c’est à Ambre que nous serons amenés à parler.
Nous sommes escortés sans attendre. Le voyage se fait en silence : Herbert toise nos gardes avec assurance, même Asahina et Saturnin semblent se détendre. Sansnom, comme à son habitude, balaie d’un regard émerveillé ce qui l’entoure. Et à raison, car à mesure que d’Ambre nous approchons, la ville et le château immense nous surplombent de ses tours.

La ville échappe à toute description ; d’ailleurs c’est avec la plus grande fainéantise que je vais porter votre attention sur le mouvement ennuyeux de mes pieds, sur le sol (dirait-on que même ce sol est incroyable, mythique ? qu’à chaque mètre, je foule de mes bottes boueuses l’apothéose de l’architecture de toutes les Ombres réunies ? et que ce n’est qu’un teaser mollasson sorti de la vision d’un réalisateur en overdose d’anxiolytiques ?). Les quelques citoyens d’Ambre que nous croisons évitent de nous regarder et semblent nerveux : au pied du palais, les gardes se font plus nombreux.
Julian nous escorte à l’intérieur. Nous prenons des couloirs secondaires (mais quels couloirs !), les serviteurs y sont.. absents. Les gardes sont rares, peu ont accompagné le Prince ; ils semblent redouter une attaque venant de l’extérieur. La tension se ressent à mesure que nous avançons.
Nous arrivons dans un salon confortable, un homme sort de l’ombre. Mal rasé, une petite couronne négligemment sur la tête, l’air fatigué. Une bouteille de Saint-Emilion dans la main, un joyau autour du cou tel un gros oeuf rougeoyant.
Julian se fait congédier rudement à peine arrivé et sort en claquant la porte. Saturnin chuchote qu’il s’agit du roi d’Ambre, « Random » ; sans préambule, il nous interroge ; la plupart racontent la même histoire, Asahina, Saturnin, moi y compris. Saturnin ajoute qu’il vient d’Erbma et parle de sa mère... J’entends un murmure désapprobateur venant d’Herbert. Le roi Random n’est pas satisfait. S’attendait-il sincèrement à la révélation du siècle ?
Un visiteur fait irruption avant qu’Herbert ait pu commencer son histoire : une femme à la chevelure de feu, un visage doux.. le regard en acier trempé ; une robe de soie verte, des atours de la Cour d’Ambre. Random la salue d’un signe de main las « Fiona, enfin ! Démêle-moi le vrai du faux, leurs cachotteries me fatiguent. » et, en nous regardant : « Elle va lire en vous, ça ne sera plus très long. » Il s’installe nonchalamment sur un fauteuil, les jambes ballantes.

Elle est ici.

Asahina passe en premier, cela dure quelques minutes qui ont l’air éprouvante pour elle. La samouraï reprend vite ses esprits, lui lançant un regard mauvais – a-t-elle violée le moindre de tes souvenirs, Asahina ?
C’est déjà mon tour. Je la fixe dans les yeux et soutins son regard ; je me focalise sur des pensées agréables de mon enfance, érigeant un mur dressé contre elle: elle pose les mains sur ma tête. La tension se fait forte, oppressante, insoutenable, un temps infini passe alors que ma tête est passée au karscher, incapable de dire si le mur a résisté ou si j'ai été emporté par les flots. Elle sort enfin de ma tête. Le salon, tout le monde tangue autour de moi, Fiona s’éloignant, glissant hors de mon champ de vision pendant que je peine à reprendre mes esprits.
Sansnom parlemente avec Fiona et Random, sans succès ; enfin si : Fiona nous parle des attaques récentes au palais. Saturnin argumente que nous ne pouvons en être responsables : par où commencer ? nous avons déjà eu beaucoup de mal à nous rendre en Ambre. Fiona ajoute que les attaques ont été coordonnées sur la Marelle d’Ambre, par des doubles de certains d’entre nous. Concluant que tout le monde est fatigué, elle nous fait conduire dans notre suite. Herbert nous fait un clin d’œil : il a été épargné par l’interrogatoire. ^$ù* de chanceux.
Au milieu de la nuit, un serviteur me transmet un message de [...] me conseille de m’enfuir si les choses se gâtent.
Nous nous réveillons. Saturnin avait reçu un mot, au contenu inconnu. Herbert nous dit qu’il a reçu la visite d’un ami, et que nous devons trouver le fou du Roi : un homme aux cheveux grisonnants, qui n’a pas sa langue dans sa poche ; bon politicien, tacticien, espion, mais peu de monde le connait intimement ou connait son vrai nom. Il s’est enfui, ou a disparu en tout cas après avoir révélé que Merlin est devenu roi des cours du Chaos. Les marelles auraient été modifiées pour changer la réalité.. quoi ? comment ? L’identité du roi du Chaos, ou le souvenir de son identité, a été changé, et le fou pourrait donner des indices sur la situation.
Saturnin connait les cours d’Erbma. Il propose de se fier à ses souvenirs du palais d’Erbma, reflet d’Ambre, pour trouver les quartiers du fou. En parcourant les couloirs, nous croisons une servante, que nous persuadons de nous emmener aux quartiers du fou. Ils sont dans une petite annexe de la salle du trône, pour éviter les gardes nous lui demandons de nous y emmener par un chemin dérobé : elle accepte et nous y emmène.
Dans les quartiers, nous constatons que son bureau a été vidé. Il reste dessus un pot de fleur, les feuilles artistiquement organisées en quelques mots « fuck off ». Rien dans les pots. La servante nous dit qu’il aimait passer du temps dans certaines tavernes, en particulier « La clenche ». Nous nous y rendons en nous faufilant (facilement vu le manque de gardes) en-dehors du palais, puis courons vers la destination. La nuit est bien avancée quand nous partons, nous arrivons peu avant l’aube.
Le tavernier, après quelques négociations (Saturnin lui a donné une épée magnifique et une petite bourse d’or) nous annonce que le Fou a rejoint « Le baron Latray » avec un ami dont nous n’avons pas la description. Il avait une deuxième information qu’il a refusé de nous donner sans argent. Il révèle tout de même que d’autres personnes ont payé bien plus cher pour les mêmes informations. Ils ne nous ressemblaient pas, ajoute-t-il suite à notre demande. Nous prenons congé.
Les cloches d’Ambre se mettent à sonner. Sûrement une alarme venant du palais ! Asahina nous amène 3 chevaux, et nous allons au galop à la demeure du baron Latray, qui est aux abords de la ville d’Ambre. Asahina reste en arrière pour nous couvrir, Sansnom se métamorphose en cheval et je monte dessus, nous ouvrons la marche. Nous demandons notre chemin, et après 4 heures de chevauchée, nous arrivons aux abords d’un petit château de campagne.
Deux gardes flegmatiques à l’entrée nous arrêtent et nous demandent ce que nous venons faire ici. Saturnin lance une histoire d’achats de vin pour une fête à Ambre, un domestique vient nous proposer un rendez-vous dans une semaine. J’insiste pour le voir dès maintenant pour une discussion rapide ; après 1h10 d’attente, le baron lui-même vient nous rencontrer. Nous lui disons notre véritable objectif, et il dit ne rien savoir d’autre de ce fou que ce que tout le monde sait de lui. Herbert semble avoir une illumination et lâche un « Sammy le Sanglant, c’est évident ! » en quittant le lieu, assez fort pour que les gardes l’entendent.
Herbert nous explique son idée : il a entendu le Fou raconter une histoire de conflit entre fournisseurs de vin quand il était petit, cela l’avait marqué pour une raison qui lui échappe ; il en vient à sa conclusion : peut-être que le Fou voulait nous envoyer vers son concurrent. Herbert se souvient avec nostalgie qu’elle mentionnait aussi le roi des cours du Chaos, Merlin, et d’autres choses, mais il ne se souvient pas de tous les détails. Il ne semble pas frustré mais excité à l’idée qu’il ait pu décoder un indice laissé à l’intention de ceux qui voudraient le suivre.
Nous décidons d’aller vers le château du Duc : nous passons en-dehors des routes, prenons une nuit complète de sommeil et continuons le chemin, pendant près de 3 jours. Nous arrivons crottés au château du Duc. Herbert nous présente, nous sommes là pour parler au fou du Roi. Les gardes ne sont pas très coopératifs, ils envoient l’un d’entre eux parler au chambellan, et recevons la réponse une demi-heure plus tard : le chambellan sera peut-être disponible en fin de journée seulement, nous décidons d’attendre.
Herbert se met à discuter de choses inintéressantes avec les gardes, et, étrangement, sympathise avec eux. Saturnin vient nous avertir après plus d’une heure d’attente qu’un carrosse accompagné de 6 cavaliers arrive au galop vers le château : nous prenons congé des gardes et partons.
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il y a 9 mois 3 jours - il y a 9 mois 3 jours #10902 par Dzin
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3ème lame: L'Eden de la mer
Seuls Herbert et Sansnom restent auprès des gardes; ils doivent avoir un plan..? En effet, plus tard, Sansnom vient nous rejoindre, sous la forme d’un oiseau : il semblerait que la duchesse est d'humeur à avoir de la compagnie…

Sansnom, métamorphosée en oiseau, pose problème à l'entrée: elle parle, et un cheval accompagnait le groupe, et maintenant un oiseau ? ils sont persuadés à raison qu'il s'agit d'une métamorphe et sont très méfiants. J'appuie le fait que la duchesse nous a autorisé l'entrée, donc ils doivent s'exécuter. Les gardes nous font amener à une suite et nous font apporter des bassines d'eau pour nous laver.
Une fois rafraichis, nous sommes amenés dans un petit boudoir. Trois femmes magnifiques nous attendent : la duchesse, une blonde de 35 ans, une rousse d’une vingtaine d’années occupée à broder, et une brune tout aussi jeune grignotant quelques friandises. L'intendant dit quelques mots à l'oreille de la dame du milieu, en sortant un tarot d'une poche, et le pose sur la table basse: la carte du dessus représente Bénédict, un des princes d’Ambre, le bras armé du royaume. L’idée est là, ces femmes ne sont pas sans défense et peuvent faire appel au plus grand guerrier existant si nous nous montrons agressifs. Elle nous sert à boire en souriant chaleureusement, et nous demande la raison de notre venue.
Herbert explique que nous sommes victimes d'un imbroglio, et sommes à la recherche du fou du roi : le Duc pourrait nous aider à le trouver. Son mari n'est malheureusement pas en ses terres pour le moment. Avant de nous donner des informations, elle voudrait que nous parlions un peu plus de nous.
Nous partageons quelques banalités sur nous et au sujet du Fou, ce qui ne nous apprend pas grand-chose ; elle demande à sa dame de compagnie, la rousse, de nous jouer quelque chose.
La brune va chercher des friandises et trébuche à moitié sur Saturnin ; je suis certain qu’ils ont échangé un mot – d’un geste vif, il attrape un couteau et prend la brune en otage: "Vous avez prévenu Bénédict et nous devons prendre congé", déclame-t-il d’un air guilleret - la duchesse tend la main vers l'atout, la brune en se débattant ou peut-être volontairement, donne un coup de pied sur la table qui valse: j'attrape l'atout avec une serviette en me concentrant pour fermer mon esprit.
Sansnom nous conduit dehors, Asahina insiste sur le chemin pour récupérer ses armes, nous passons à la salle des gardes pour les récupérer. Elle pare facilement un tir d'arbalète avec une épée prise à un des gardes qui nous tendait une embuscade, et demande à récupérer son daisho. Ils rengainent, impressionnés, et lui rendent. Saturnin nous emmène vers les caves, Asahina bloque la porte avec l'épée du garde.
Les caves sont immenses. La brune, se présentant sous le nom de Joker, nous mène au fond de la pièce et tourne un robinet sur un fût en chêne: le mur du fond se déplace et révèle une entrée. Herbert et Saturnin prennent quelques bouteilles parmi les plus vieilles. Nous parcourons la grotte qui donne au bout de quelques minutes sur la mer : au bout d’un ponton, une barque avec trois personnes aux cheveux longs et bleus nous attendent (viennent-ils d’Erbma?). Ils saluent Joker en l'appelant Capitaine.
Une frégate sans pavillon nous attend. Joker ordonne le départ : nous devons semer nos poursuivants, toutes voiles dehors. Elle appelle un certain "Tori", en ouvrant une écoutille.
Une petite douzaine de voiles se dessinent à l'horizon. "Tori" finit par venir, une petite femme, torse nu et couvert de tataouages et percings arrive, se met au centre d'un pentacle et soudain un vent puissant anime les voiles et nous fait filer à grande vitesse. On l’appelle la fille des vents.
Après plusieurs manœuvres très serrées alors que nous fuyons les frégates de la flotte ambrienne, la couleur du ciel et de l'eau se met à changer. Au bout de quelques heures, nous arrivons.. où ? Joker nous invite à descendre par l'écoutille, et à la suivre dans quelques galeries. Nous arrivons dans un bar, celui du Sardion, nom du navire. Je remarque que les verres sont astucieusement lestés et aimantés. Elle s’assoit au comptoir : une sorte de wookie à 4 bras, Sini le cuistot, et un elfe aux cheveux bleus, Jolan, nous accueillent et nous offrent à boire. Ils trinquent avec nous à la fin de cette mission. Qui en est le commanditaire ?

Saturnin, Herbert, Asahina et moi allons parler au Capitaine et la remercions. En lui posant quelques questions, elle nous dit qu'elle y répondra en échange d'une faveur. Nous acceptons, mais elle ne nous dit pas la teneur de cette faveur. Nous lui demandons où est parti le Fou. Elle nous explique qu’il est parti vers l'Ombre-Terre avec son ami Bill Ross, l'expert juridique de la famille.
Nous nous concertons : le capitaine propose de nous y emmener en échange d'une faveur plus importante. Nous discutons de cela.
Saturnin et Herbert discutent ensemble pendant que je vais m’enquérir d’Asahina : elle est d’accord pour la proposition mais semble plutôt résignée. Sansnom semble déprimée et accorde peu d'importance à ça, se demande pourquoi nous fuyons et ne retournons pas chez nous. Nous discutons un peu du danger autour de nous, du fait qu’il existe peut-être un complot pour affaiblir et diviser la famille royale et elle pense que nous ne craignons pas grand-chose. Je lui dis qu’ils pourront portant nous trouver aussi facilement que la première fois. Herbert intervient et demande à Sansnom de se métamorphoser. Elle prend l’apparence de Herbert : il prononce un mot de pouvoir, et elle prend alors l’apparence d’une panthère noire, et il lui dit « tu n’es pas à l’abri cachée ». Que vient-il de faire ?
Une petite fille se jette sur le dos de la panthère pour jouer, au bout d’un moment lui dit très sérieusement, doucement : « vous devriez garder pour vous certaines choses » - Herbert réagit en lui lançant le même mot de pouvoir, et elle prend l’apparence d’une kerrigan géante. Elle le prend par le col et lui dit de ne pas recommencer, c’est très malpoli. Deux personnes viennent l’aider à reprendre sa forme à l’aide de conjuration pendant que Sansnom prend congé silencieusement. Elles jettent un regard mauvais à Herbert, qui remet sa chemise en place distraitement.
Joker nous invite à nous reposer. J’en profite pour [...]. La nuit passée, j’ai très peu dormi, nous prenons un petit déjeuner et arrivons à Miami. Elle nous donne des vêtements de circonstance, et confie un atout à son effigie à Saturnin, qui me le donne d’un air interrogateur. J’acquiesce d’un signe de tête et le range avec les autres. En allant sur le pont - nous voyons que le bâteau est maintenant un yacht – Joker nous donne une dernière information : Jerry Bruckheimer serait l’identité du Fou sur cette ombre, il serait là pour faire éditer un livre.
Asahina sort un livre de nulle part et nous dit la direction à suivre. Saturnin propose d’aller voir un prêteur sur gages pour récupérer de la monnaie locale, afin de payer un moyen de transport. Nous en trouvons un et Saturnin met en gage son épée. Nous trouvons un taxi, qui nous dit que ce sera un peu limite pour atteindre la destination, il suggère qu’en voyant une des passagères torse nu, on irait plus loin, Sansnom s’exécute.
Nous arrivons au studio et nous faisons refouler à l’entrée.
Sansnom se métamorphose en pigeon et va jeter un œil, elle voit au dernier étage une personne pouvant ressembler à la description. Saturnin nous fait passer en ombre pour passer par la sortie de secours, Sansnom récupère la clé par un pouvoir inconnu, et nous allons au dernier étage par les escaliers. Nous entrons directement dans le plus grand bureau et demandons à parler à Jerry Bruckheimer. La personne appelle la sécurité et nous dit qu’il a disparu après avoir été attaqué dans un café proche de sa société d’édition de livres : une personne en sabre laser a attaqué, des créatures sont apparues.
Nous partons rapidement avant que la sécurité n’arrive et allons au café, la police est déjà sur place.
Direction maison d’édition de Jerry B.. Le responsable de l’imprimerie est en rendez-vous à l’extérieur. L’assistante de direction et l’hôtesse nous suivent pendant que nous discutons des derniers événements ici. Nous passons au poste de sécurité pour voir le dernier passage de JB au bureau, il y a cinq jours. Bill Ross ; un homme ventripotent, était présent avec JB, la veille de sa disparition ; ils sont restés à peu près ¾ heures. Les deux femmes semblent très excitées par notre présence. Il a prévu de publier sous le pseudo Zelasny. L’hôtesse reste avec l’agent de sécurité, nous allons au bureau ; l’atmosphère semble très lourde autour de nous ; humide. Chaude. Asahina était restée au bureau et n’a pas réussi à accéder au PC.
Sansnom fournit une clé USB pour hacker le PC de Josh, et j’accède aux fichiers récents : je trouve cinq manuscrits signés de Zelasny.
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il y a 5 mois 3 jours - il y a 5 mois 3 jours #11135 par Dzin
Dzin a répondu au sujet : La Chronique sans nom
4ème lame: Rencontres du troisième type
Une quinzaine de personnes arrivent dans le bureau, pleines d’hormones. Je ne comprends pas ce qui arrive et essaie de les faire sortir de là et de les mélanger entre eux, mais me fait entrainer, me laisse entrainer, … et tente de tirer profit de la situation. Sansnom et moi sommes pris dans la mêlée, Saturnin est dans les toilettes du bureau du directeur, Herbert rejoint d’autres employés en chaleur, Asahina s’est enfuie dignement.
Au bout de longues heures, je reviens au bureau, défripé, courbaturé, et constate que le PC a disparu et reste introuvable. Je me rafraichis rapidement dans les toilettes du directeur et pique des vêtements pas à ma taille ; l’air est toujours chargé et je dois me concentrer pour garder les idées claires : je pars en quête de mes cousins et retrouve Saturnin, Sansnom avec le PC. Sans attendre, je copie tout ce qui pourrait avoir de l’intérêt : les manuscrits, quelques emails récents et rendez-vous futurs. Herbert nous rejoint, détendu, nous donne des téléphones portables pour que nous puissions communiquer entre nous.

Saturnin demande l’adresse de Bill Ross à l’assistante de direction : il habite à San Francisco, nous sommes à Los Angeles, à près de 700km de là.

Nous allons au bar où a eu lieu l’attaque, il y a les marques de cadavre, des traces de lutte, et le comptoir a été coupé apparemment par un coup de sabre laser. Une grosse forme est sortie du bâtiment et a explosé la devanture du bar. Saturnin est allé faire diversion en agressant une patrouille de police en voiture, en leur lançant une bouteille de whisky sur le pare-brise.
Sansnom ressent que quelque chose de familier est passé par ici, elle n’arrive pas à mettre le doigt dessus : certains étaient peut-être des métamorphes. Je ressens qu’un atout a été utilisé.
Herbert insiste pour que nous continuions cette conversation ailleurs : nous risquons d’être interrompu par la police qui surveille les lieux. Nous sortons et il loue une grosse voiture. Il demande à récupérer une copie de tout ce que nous avons récupéré. Asahina ouvre le coffre et en sort 3 portables tout équipés. Je fais une copie sur les portables des documents que j’ai récupéré.
Sansnom nous avoue qu’elle a utilisé des phéromones au bureau pour détendre l’atmosphère, mais elle en a fait un peu trop. Saturnin suggère qu’elle pourrait même faire des gaz de combat, voire tester dans la voiture : Asahina les regarde avec un air réprobateur.

Nous partons vers la villa de Bill Ross et arrivons vers 22h. Herbert sonne au portail et une femme (apparemment celle qui tient la maison) répond et nous dit qu’il n’est pas là. Saturnin insiste en se présentant comme envoyé par la maison d’édition, mais même réponse. Il remercie et salue. Saturnin fonce par-dessus le portail et vers la maison : il la voit raccrocher et aller se faire un thé – il nous le dit et part faire un tour du quartier, il revient quelques minutes plus tard et nous dit qu’une milice fait le tour du quartier et l’a repéré. Saturnin propose de retourner à Los Angeles, au bar, pour enquêter sur les traces d’utilisation de la Marelle ou des atouts. On le fait, je m’endors dans la voiture. Ces nombreuses heures me permettent de récupérer un peu, enfin.

Arrivé là-bas, Herbert propose de lancer un sort pour que nous revivions la scène, et pour faire une illusion à l’entrée pour nous cacher. Les préparatifs prennent quelques heures et nous commençons.
Début de la reconstitution : Bill et Jerry en habits décontractés discutent entre eux de problèmes sur un monde que nous ne connaissons pas. Une bande de motards entre, suivie 10 minutes plus tard par un type en costume. Il approche de B & J d’un air assuré, vaguement dangereux, et les salue ; ils répondent courtoisement. Il les invite aux Cours du Chaos – Bill : voir le Roi ? Jerry : mais quel Roi ? Costard : Le seul et l’unique.
Jerry sort une épée de nulle part (mais comment font-ils...). Costard demande de rester courtois ; Jerry propose de courtoisement le planter. Bill semble apeuré. Costard s’éloigne d’un pas dansant alors que la porte du bar s’ouvre violemment et qu’une créature entre (Asahina a vu une semi-remorque se garer devant) : elle est à quatre pattes, marche sur les poignets, énormes griffes, 2 à 2m50, très musclée, suivie d’autres humains. Jerry : je ne suis pas sûr que vous soyez assez nombreux. 3 créatures et 10 humains armés supplémentaires entrent. Costard : tu penses que le challenge est assez intéressant maintenant ? Jerry : ça commence à devenir intéressant. Les humains se métamorphosent et prennent une forme démoniaque.
Ils se regardent quelques instants, les humains normaux, paniqués, reculent petit à petit contre les murs, Bill aussi en fouillant dans ses poches. Un des humains sort une arme et tire sur un des démons : ils répliquent en les massacrant rapidement en quelques secondes sinistres.
Bill sort un atout, les démons se lancent à l’attaque, certains vomissant une brume acide qui ronge la chair des quelques humains encore vivant. Deux portails s’ouvrent et lancent des éclairs sur les démons. Bill lance la carte à Jerry, qui tient en respect deux démons : il l’attrape d’une main et éjecte un démon de l’autre, mais doit reculer pour contrer tous les sorts et attaques. Autour de la main tenant l’atout, un portail se dessine et des personnes en sortent, se tenant l’un l’autre en une chaine humaine : deux humains, un « poulpe », et un truc poilu humanoïde sortent de la carte, armés de sabres laser.
Dehors, un cri retentit et le mur proche explose. Depuis le camion visible derrière les débris et nuages de poussière, un miroitement se laisse deviner donnant vers une zone argentée d’où plusieurs démons semblent attendre.
Depuis le portail de Jerry, un vieil homme barbu tend la main aux personnes attroupées autour de J & B, ils entrent tous dans ce monde et referment le portail.
Les démons remontent dans le camion. Costard sort, y pose ses mains et le fait rétrécir, le ramasse et repart tranquillement.
Fin de la reconstitution.
J’ai capté l’essence de la carte quand elle a été utilisée par Jerry et peut la copier. Le portail utilisé par les démons ne venait pas d’un atout. Mais je m’atèle à reproduire l’atout que tenait Jerry, qui représente ce vieil homme barbu, et ouvre une communication. Quand je me présente il essaie de couper la communication mais je l’en empêche, et essaie de le convaincre de nous aider. Il semble accepter et nous demande de le recontacter dans vingt minutes. A l’issue de ce temps, j’ouvre le contact et il nous invite à rejoindre son monde, une centaine de Jedis nous encerclent. Pfff… Les yeux d’Asahina s’illuminent et elle se tient tranquillement au milieu d’eux, j’imagine qu’elle jauge leurs chances de tenir plus de quelques secondes.
On lui explique que ce « Fou », Jerry, est la seule personne qui peut nous faire comprendre ce qui nous court après. Il nous regarde intensément, semblant comprendre quelque chose qui nous échappe, et nous dit qu’il va voir ce qu’il peut faire.

Il revient au bout d’une heure : il n’arrive pas à contacter Maitre D’Aldebaran. Plusieurs heures sont passées dans ce monde au contraire des quelques minutes de l’Ombre-Terre, il est à présent dans la ceinture de Jainako. C’est une zone de guerre, il est parti la pacifier. Il nous laisse sortir, car il souhaite rester neutre. Nous sommes sur Coruscant.

Herbert et Saturnin nous procurent de tablettes de poignet afin de pouvoir communiquer et accéder au réseau global. Herbert y fait ses premiers crédits, d’abord avec l’aide de Saturnin et Asahina, et se lance dans la spéculation pour accroître ses gains. Il nous accompagne Sansnom et moi, le nez sur une petite tablette de poignet, vers un café-théâtre que Sansnom a choisi en pianotant sur la tablette.

Sur le chemin, je cherche un endroit où de l’encre pour atouts pourrait être en vente ; je demande à Sansnom de faire quelques détours. Je me sens attiré par une vieille échoppe à l’architecture vieille Chine qui en propose, tenue par une très vieille humaine. Elle me dit qu’elle ne vend pas contre de l’argent, mais préfère le troc : je lui propose mes services contre de l’encre. Elle me répond que contre un dessin d’atout réussi, elle me donnera de l’encre pour dix cartes. Je lui demande si elle en a des détails, souvenirs, etc. Elle me montre un polaroid, je lui demande si elle a le moindre souvenir de la zone, elle fait un rituel de sorcellerie pour me montrer un souvenir où une personne, un ambrien, qui ressemble de façon troublante aux peintures d’Oberon, notre grand-père, tenant cet atout dans la main, la quitte en se téléportant vers le lieu dessiné sur la carte. Lieu que je connais avec détails, c’est un de mes atouts. Je le lui dessine facilement, elle le teste et sourit : c’est réussi. Je lui demande ce qu’elle sait sur cet endroit, elle ne sait apparemment rien. Je lui demande son nom : Elyne. Je lui montre un autre atout tiré de mes 27 lames, mais ça ne lui dit rien. Je lui souhaite bon voyage avec un sourire sincère et m’en vais. Je reviens au bout de quelques heures dans nos appartements.
Nous nous rendons sur Tatooine pour trouver des contrebandiers qui pourraient nous faire voyager. Nous allons dans une cantina appelée « cantina de Han Solo » à la recherche d’un transporteur. Après discussions sans but sur la possibilité de vendre Sansnom, Herbert demande à la cantonade qui serait prêt à les faire voyages vers la ceinture. Les rares offres tournent autour de 10 millions de crédit, il essaie de descendre à 2, out ce qu’il a à offrir, mais tout le monde s’en détourne. Un type reste cependant nous expliquer le contexte du système dans lequel nous voulons nous rendre : plusieurs factions sont en guerre
- Les Ferroniers contrôlent 2 mondes du système sur 5, y exploitent les mines, sont devenus riches et possèdent une flotte puissante. Ils exploitent le cristal servant à fabriquer les armes jedi, les armes laser.
- La Coalition des Libres Marchands contrôle 3 mondes sur 5 ; elle possède un système entier et gère les marchés sur une dizaine de système différents, elle veut le contrôle total de la zone.
- Une armée d’origine inconnue semble perturber l’équilibre des forces en place. Peu d’informations, juste des rumeurs.
- La République envoie une flotte vers la zone, mais leur armée est faible et ils ne vont probablement jouer qu’un rôle de médiateurs.
L’idée est lancée de contacter Joker pour voyager jusque là-bas ; je propose de chercher d’abord comment il a voyagé et de chercher des informations ou du soutien chez Oreym, le vieux barbu-Jedi qui nous a accepté dans ce monde.
Dernière édition: il y a 5 mois 3 jours par Dzin.
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