Topic-icon Fin de la campagne du champ d'orge

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il y a 2 semaines 4 jours - il y a 2 semaines 4 jours #10737 par Stormbriga
Stormbriga a créé le sujet : Fin de la campagne du champ d'orge
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La tour de Fassol’réb semble irréelle dans la nuit de cette fin d’automne. Les arbres du jardin ont revêtu un feuillage jaune-orangé depuis plusieurs semaines. Un vent froid souffle doucement sur l’école.
Sur le toit de la bibliothèque, au cinquième étage de la tour, une personne emmitouflée dans une épaisse cape de laine se tient en tailleur. Sous les couches de vêtements dépasse une tête surmontée d’une paire d’oreilles triangulaires. Un bruit fait pivoter une oreille vers l’arrière et une voix se fait entendre.
-Ah ! Je savais bien que je te trouverai là !
Une ylienne portant une tunique en laine à manches longues s’extirpe de la trappe du toit. Ses cheveux noirs sont soulevés par la brise. Elle s’approche de la personne en tailleur et s’assoit à sa droite.
-Que se passe-t-il Cassie ? Même Kiki et Lala sentent que quelque chose s’est produit.
-Ouais et c’est gros ! s’exclame une petite voix criarde.
Une tête de fouine s’échappe de sous la tunique de l’ylienne, sa truffe rose hume l’air ; elle est bientôt suivie d’une tête de chat noir qui semble inquiète et qui dit d’une voix douce et délicate :
-Je ne voudrais pas donner raison à Kiki mais pour une fois il a raison. Quelque chose de grave s’est produit. Je le sens au fond de moi.
La personne en tailleur tourne son visage vers l’ylienne et les deux petits animaux. Son visage semble inquiet. Ses grands yeux bleu abyssaux de chat semblent chercher du réconfort auprès de son amie.
-Qu’est-ce que tu entends Cassie ? lui demande très doucement l’ylienne.
Cassie tourne la tête et les oreilles en direction du nord, ferme les yeux et répond :
-Les loups, les cerfs, les sangliers, les chevaux, les oiseaux, tous les animaux.
-Que font-ils ?
-Je n’en suis pas sûr, je crois… je crois…
-Ils pleurent. Répond la chatte noire.
Cassie se tourne vers son amie et la serre dans ses bras.
-Hé ! Attention bandes de sauvages ! Crie Kiki.
Cassie et l’ylienne se séparent, sourient et se rapprochent. De la buée sort à chaque fois qu’elles respirent.
-Tu penses qu’il s’agit d’eux ? Demande l’ylienne.
-J’en suis sûr. L’oracle a dû les mettre sur une piste, et ils ont « accompli » quelque chose. Elle baisse la tête et poursuit avec une voix murmurante : J’ai peur pour eux Nina, et s’il leur était arrivé quelque chose ? Et si, il était arrivé quelque chose à Airannen ?
-Ne t’en fais pas Cassie. Ils ont de la ressource, ils ne sont pas seuls. Et Thu’ume a envoyé les druides à leur encontre.
Elles se blottissent l’une contre l’autre au milieu de la nuit, pendant que le vent gagne en intensité, comme si quelqu’un prenait son souffle ou son élan avant le grand saut.

Un changement…

Au dernier étage de la tour sur la fenêtre qui donne vers le nord, un vieux chat noir que la vie n’a pas épargné, est assis à droite du rebord et balance nerveusement sa queue cassée en plusieurs endroits. Il tourne la tête vers la gauche et regarde la personne qui est appuyée des deux mains sur le rebord. Son visage de vieux fauve semble plongé dans une profonde lutte intérieure. Trois vilaines cicatrices balafrent son museau de félin. Elle porte une tenue de cuir brune à capuche qui est rabattue sur sa tête.
-Te tourmenter n’apportera rien de bon, de plus à ton âge c’est mauvais. Lui dit le chat d’une voix grave et profonde.
La vielle fauve pousse un profond soupir. Et ouvre les yeux, deux yeux bleu cristallins, et les tournent vers ceux du vieux chat qui sont d’un bleu abyssal. Le chat poursuit :
-Tu as très bien réagit en envoyant Kaern et Aedril. Qui mieux que des druides peuvent gérer cette histoire ? Ils sont markaers, et l’un deux est un « gardien ».
La vielle finit par se redresser et tourner le regard vers le nord.
-Comme toujours tu as raison, j’aimerais être aussi serein que toi en ce moment. Répond la vielle d’une voix rauque et grave.
-Serein ? Non, je suis sage Thu’ume. Lui aussi tourne la tête vers le nord.
-De la sagesse ? Oui, un jour peut-être que j’essayerai de cultiver cela. Un petit sourire apparait sur le coin de ses lèvres.
-Que vois tu Thu’ume ? Que ressens-tu ?
Elle ferme les yeux, et se concentre :
-Je sens une marée d’éther, très pur, très dense. Comme un raz-de-marée qui se déverse du nord. J’ai également senti des créatures magiques anciennes se réveiller à cet appel.
-Un appel ?
-C’est comme cela que je le ressens. As’ann, ils sont si jeunes…
-Oui, et c’est notre devoir de leur faire confiance. Je sais que dans un monde idéal nous aurions laissé des adultes partir, mais le monde idéal n’existe pas encore. Ou pas ici.
Thu’ume laisse s’échapper un grommèlement.
-Tu connais la doctrine de l’école mieux que moi Thu’ume. Nous élevons les graines de demain. Nous sommes demain.
Thu’ume se redresse et porte à nouveau son regard vers le lointain.

Demain…

Des travailleuses sont penchées dans un champ de céréales. Elles portent toutes un léger pagne en tissu et une queue en houppette blanche dépasse à l’arrière. Leur peau est gris-brune et leurs longs cheveux d’un blanc immaculé. Elles se relèvent toutes comme une seule personne. Leurs grandes oreilles de lièvres semblent toute à l’affut d’un bruit, de quelque chose. Elles se tourne toute vers la forêt.
Une ylienne-lièvre en tenue de voyage court sur les passerelles en bois entre les arbres gigantesques. Elle se dirige vers un attroupement de ses sœurs. Au centre de l’attroupement se tient une vieille dame, elle porte une robe très fine et très longue qui ne couvre ni ses bras, ni ses jambes.
Elle tourne le regard vers la nouvelle venue qui se fait une place à travers la foule.
-Ancienne, les gardiennes m’ont délivré un message ! S’écrie la messagère.
L’Ancienne regarde avec beaucoup d’attention la messagère. Son visage ridé semble attendre quelque chose qu’elle sait déjà au plus profond d’elle.
- La Sylve a parlé aux Gardiennes.
Des larmes apparaissent au coin des yeux de l’Ancienne.
-Je ne pensais pas que je serais encore en vie le jour où cela se produirait. Dit l’Ancienne d’une voix douce et sensuelle. Elle se lève en s’aidant de ses bras.
-Mes sœurs, estelas de la plaine et de la forêt, la Sylve nous parle à nouveau, écoutons là. Le monde va encore une fois connaitre un bouleversement. Et comme toujours préparons-nous à l’accompagner dans cette étape. Soyons cette montagne stable que tous peuvent voir au loin et utiliser pour s’orienter.

Bouleversement…

Sur une montagne enneigée au creux d’une forêt, est installée une petite maison de bois d’où sort une fumée. La porte d’entrée s’ouvre et deux yliens d’un âge avancé regardent dans la nuit.
-Mais enfin que se passe-t-il mon aimée ? Demande l’ylien.
-Ce sont les loups. Ils hurlent.
-Je n’ai jamais entendu une meute aussi nombreuse !
-Non, ils n’avertissent pas de leur présence. Ce sont plusieurs meutes qui hurlent.
-Pourquoi ? Même Chaussette est sortie les accompagner.
-Peut-être pleurent-ils quelque chose ?
-Pourvu qu’il ne soit rien arrivé à Filo…
Ils referment la porte en frissonnant. Et des hurlements de loups résonnent dans la montagne.

Pleurs…

Dans une plaine, plusieurs chariots sont installés en arc-de-cercle. Au centre, un feu de camp brule et plusieurs personnes sont installées autour, et écoutent le duo d’un joueur de harpe à la peau de nacre et d’une chanteuse au corps partiellement équidé. Soudain, le duo s’arrête et tous se tourne vers une vielle ylienne à la peau brune. Elle regarde vers le ciel et plisse les yeux.
-Le Gardien nous a quitté.
Les personnes baissent la tête et se recueillent silencieusement.
Une grande dame aux cheveux brun, aux longues oreilles pointues et portant une pie sur l’épaule murmure en caressant l’oiseau:
-J’espère que tu vas bien petit gardien.

Quitté…

Dans un salon éclairé par un feu brûlant dans un âtre, trois personnes à la peau aussi noire que le charbon, passent une nuit habituelle. Un couple est assis dans un large fauteuil et une servante osseuse leur apporte des boissons chaudes. Soudain elle se fige et renverse du liquide sur son plateau de métal. Le couple n’y prête pas attention : lui aussi semble avoir capté quelque chose dans l’air, ou plutôt dans la terre.
-J’espère que nos filles vont bien. Dit d’une voix douce l’époux.
Son épouse pose une main sur la sienne et la serre doucement.
-Nos filles sont fortes, ne te fait pas de soucis mon Reflet. Même si leur destinée est mouvementée je ne me fais pas de soucis pour elles.
La servante leur sert les boissons en essuyant le liquide qu’elle a renversé. Elle sort de la pièce et une fois hors de portée d’oreille elle serre son poing contre sa poitrine et murmure du bout de ses lèvres :
-Arquenoira bien-aimée je vous en conjure, veillez sur Felagund.

Destiné…

Un groupe de personnes est réuni en pleine nuit devant un pâturage. Ils sont agités et tiennent des torches pour s’éclairer. Un bruit de sabot attire leur attention et ils semblent soulagés en voyant arriver deux personnes au corps partiellement équidé en armure de plaque.
-Ah des chevaliers ! Merci d’être venu si vite. S’exclame un des yliens.
-Que se passe-t-il ? lui demande la chevalière.
-Eh bien regardez par vous-même ! La clôture a été sabotée ! Répond l’ylien fâché.
Les deux chevaliers se penchent sur les restes de bois de la palissade. Ils se redressent et se regardent.
-Tu penses à la même chose que moi ma Douce ? Demande le chevalier.
-Oui la clôture a été détruite de l’intérieur. Les animaux se sont échappés d’eux-mêmes.
-Quoi ?! Mais c’est impossible ! Ce sont des vaches domestiques. Rétorque l’ylien.
-Il se passe des choses au nord, des évènements d’une nature magique.
-Tu penses que notre fils est impliqué ? Demande le chevalier à sa compagne d’un air inquiet.
-J’en suis persuadé mon aimé. Lui répond-t-elle d’une voix douce.

Evènements magiques…

Une grande personne à la peau aussi claire que les lunes est plongée dans un livre, allongé sur un divan. Elle redresse la tête, se lève et s’approche de l’encadrement qui sépare cette pièce de sa terrasse. Son amour est dans la cour, sa jambe nue s’enfonce dans la poudreuse. Elle ne porte aucun vêtement. Elle semble dans un état second.
Il s’approche d’elle en traversant la poudreuse et la prend dans ses bras.
-Que ressens-tu amour de toujours ? Que voient tes yeux que je ne peux voir ? Que ressent ton corps que je ne peux ressentir ? Lui murmure-t-il à l’oreille.
Elle semble parcourue d’un spasme et d’un violent tremblement.
-Au nord ? Il lui parle doucement, comme s’il décryptait quelque chose. L’œil du cyclone… Un vent nouveau souffle sur le Bassin Nanlug.
Elle finit par s’affaisser dans ses bras. Il la porte à l’intérieur avec beaucoup de délicatesse.
-Viens allons-nous réchauffer mon miel d’automne. Lui susurre-t-il.
Elle ouvre les yeux et le regarde avec un amour profond.
-Je crois que notre fils est au centre de cette tempête.
-Oh ? Comme c’est étrange…

Un vent nouveau…

Une grande dame à la peau halée se tient assise sur une branche d’arbre, ses jambes pendant doucement dans le vide. Ses longs cheveux noir forment comme un rideau autour d’elle. Elle n’a pour seul vêtement qu’un ceinturon argenté où sont incrustées des pierres parcourues d’éclairs. Elle regarde au loin un être de lumière qui dépasse la cime des arbres. Ses multiples bras et ses ailes se sont déployés au-dessus des ruines. Sa lumière se déverse sur la forêt et les alentours. Bientôt elle l’atteindra elle aussi.

Elle sourit.

Miaou!
Dernière édition: il y a 2 semaines 4 jours par Stormbriga.

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